Santé Canada (SC) fournira à l’entrepreneur des échantillons de nanoparticules d’oxydes métalliques offertes sur le marché qui présentent une large gamme de caractéristiques différentes et qui portent le même numéro de registre du Chemical Abstract Service (numéro CAS) ou appartiennent au même groupe chimique, afin qu’il effectue des essais de toxicité in vitro. Les particules fournies varieront du point de vue de la gamme de taille, de la forme primaire et du revêtement. L’entrepreneur effectuera des essais de cytotoxicité portant sur un seul paramètre (test MTS et test ATP) ainsi que plusieurs essais mécanistes de dosage des marqueurs de stress oxydatif sur toutes les nanoparticules fournies, afin de déterminer si des différences sur le plan des propriétés physico-chimiques entre les nanoparticules portant le même numéro CAS font en sorte qu’elles ont une puissance ou des effets différents.
Beaucoup des substances chimiques actuellement sur le marché au Canada (c.-à-d. celles qui figurent sur la LIS) existent aussi à l’échelle nanométrique (c.-à-d. que leurs particules ont un diamètre compris entre 1 et 100 nanomètres). Toutefois, les risques potentiels de ces formes nanométriques pour la santé humaine ou pour l’environnement n’ont pas encore été évalués. C’est pourquoi, dans le cadre de la troisième phase du Plan de gestion des produits chimiques (2016-2021), SC et Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) se penchent sur les formes nanométriques des substances inscrites sur la LIS. Comme il existe un très grand nombre de nanomatériaux et que chacun peut se présenter sous plusieurs formes (variant selon la forme, la taille, l’état d’agglomération, etc.), déterminer exactement les risques que posent ces substances représente un défi pour SC et ECCC. Cependant, il est difficile de déterminer la meilleure façon de combler les lacunes dans les données dont on dispose actuellement sur les nanoformes, compte tenu des incertitudes entourant les effets des propriétés physico-chimiques des nanomatériaux sur leur toxicité. Même les nanomatériaux qui sont associés à un seul numéro CAS (p. ex le dioxyde de titane, numéro CAS 13463-67-7) peuvent exister sous diverses formes (c.-à-d. taille différente, modifications de la surface, charge, etc.), et ces formes peuvent différer sur le plan de la toxicité et des risques potentiels pour la santé humaine. Afin de mieux orienter les stratégies qui seront utilisées pour l’évaluation des risques, SC examine les liens entre les propriétés physico-chimiques de diverses nanoparticules d’oxydes métalliques et les résultats de tests toxicologiques in vitro.
Les renseignements provenant des données d’essai obtenues dans le cadre de ce contrat seront directement utilisés dans les évaluations des risques des nanomatériaux, et permettront aux évaluateurs de SC de déterminer si certaines propriétés physiques ou chimiques particulières des nanomatériaux faits de la même substance de base sont des facteurs de toxicité. Le fait de disposer d’éléments probants démontrant quelles propriétés des nanomatériaux actuellement utilisés sont d’importants éléments déclencheurs de toxicité permettra de préciser les outils et les méthodes que les évaluateurs de SC peuvent utiliser pour l’évaluation des risques associés aux nanomatériaux qui figurent sur la LIS.
L’entrepreneur devra recevoir et entreposer adéquatement des échantillons de nanoparticules d’oxydes métalliques offertes sur le marché. Tout le matériel et toutes les méthodes prévus pour l’analyse de toxicité préliminaire des échantillons doivent être validés en fonction d’une utilisation avec les nanomatériaux. Les propriétés physiques et chimiques des échantillons devront être caractérisées à un degré suffisant pour permettre un dosage approprié des cultures cellulaires. Le profilage toxicologique sera effectué à l’aide de deux (2) lignées cellulaires, idéalement une lignée cellulaire dérivée de macrophages et une lignée cellulaire d’origine épithéliale pulmonaire pour obtenir la meilleure estimation possible de l’exposition pulmonaire, avec diverses doses et plusieurs points dans le temps, afin de mettre en évidence les effets contrastants. L’entrepreneur doit réaliser au moins deux (2) essais de cytotoxicité différents pour déterminer la viabilité cellulaire et au moins deux (2) essais évaluant l’effet des nanoparticules sur la réponse cellulaire au stress oxydatif. L’analyse complète des données sera présentée sous forme de rapports techniques.