Les principaux objectifs du projet sont les suivants :
1. Déterminer de quelle façon la pollution atmosphérique influence la transition des états de santé, depuis l’incidence des principales maladies chroniques à leur progression et, finalement, jusqu’à la mort prématurée;
2. Évaluer l’efficacité de certaines stratégies mises en oeuvre à grande échelle, ou susceptibles de l’être au niveau individuel et au niveau de la population, pour réduire les effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé au Canada.
Il est évident que l’exposition à la pollution atmosphérique à long terme, même aux niveaux relativement faibles observés au Canada, est responsable de l’augmentation de l’incidence et de la mortalité attribuables aux maladies chroniques majeures. Bien que différents résultats en matière de santé aient fait l’objet d’études approfondies dans le cadre d’études antérieures, la ségrégation de la recherche sur la pollution atmosphérique par résultat individuel est artificielle. On sait peu de choses sur les répercussions de la pollution atmosphérique sur les transformations physiologiques des individus (divers états pathologiques, fragilité et décès). On en sait encore moins sur l’efficacité des interventions passées en matière de pollution atmosphérique et sur la nécessité de mettre en oeuvre d’autres mesures potentielles. Il est crucial de mieux comprendre les stratégies particulières afin d‘élaborer et de renforcer des mesures fondées sur des données probantes, en vue d’atténuer les effets de la pollution atmosphérique sur la santé au Canada. Pour combler ces importantes lacunes sur le plan des connaissances et de l’élaboration des politiques, ce contrat de recherche compilera les données de l’ensemble de la population adulte de l’Ontario au moyen d’un couplage de données entre de multiples bases de données administratives sur la santé (p. ex. les bases de données sur les maladies chroniques), des données d’enquête sur la santé (p. ex. la partie ontarienne des enquêtes sur la santé dans les collectivités canadiennes [ESCC]), et des données sur les expositions environnementales (p. ex. la pollution atmosphérique, le bruit et la verdure). Ces bases de données administratives sur la population ont été reliées et conservées à l’ICES, à Toronto (Ontario).
Ce contrat comportera trois analyses complémentaires portant sur la population adulte de l’Ontario : 1) une étude visant à quantifier les effets propres à un cheminement et faisant intervenir des médiateurs ordonnés par cause (c.-à-d. l’incidence de certaines maladies majeures et leur réadmission) couvrant un large éventail de scénarios de trajectoires de maladies; 2) une étude visant à déterminer si l’utilisation de médicaments cardiovasculaires courants peut atténuer les effets négatifs de la pollution atmosphérique sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaires dans l’Ontario; 3) une étude portant sur la portée des avantages sanitaires d’une politique théorique d’application de zones à faibles émissions dans la ville de Toronto.
Pour quantifier le rôle de l’exposition à la pollution atmosphérique dans différents scénarios de trajectoires de maladies, l’équipe de recherche effectuera une série d’analyses de médiation en consultation avec l’équipe scientifique de Santé Canada. Pour les polluants atmosphériques, l’entrepreneur utilisera des concentrations mesurées par satellite de matières particulaires (PM2,5), de dioxyde d’azote dérivées du modèle de régression de l’utilisation des terres (NO2), et d’ozone à base de fusion (O3) en surface par satellite. Pour les covariables, l’entrepreneur recueillera de l’information sur l’âge, le sexe, l’état matrimonial, l’éducation, la profession, l’indice de masse corporelle (IMC), le tabagisme, la consommation d’alcool, la consommation de fruits et de légumes, l’activité physique à partir des données de l’ESCC, les comorbidités des bases de données administratives provinciales en santé et divers facteurs propres aux quartiers (p. ex. le pourcentage des immigrants) à partir des données de recensement. Les proportions de l’effet de la pollution atmosphérique sur la mortalité qui sont médiées par le développement des principales maladies et leur progression seront estimées. De multiples analyses de sous-groupes et analyses de sensibilité seront également réalisées afin de vérifier les hypothèses clés de l’analyse de médiation.
Afin d’examiner si les médicaments cardiovasculaires modèrent la morbidité et la mortalité cardiovasculaires en association avec la pollution atmosphérique, l’entrepreneur mènera une étude cas-témoins imbriquée. Les résultats d’intérêt sont la mort et l’hospitalisation pour toute cause cardiovasculaire, ainsi que la mort et l’hospitalisation découlant d’une maladie coronarienne et d’un accident vasculaire cérébral (AVC) [résultats plus spécifiques]. Ainsi, un total de six séries de cas
distinctes seront créées. Étant donné que l’utilisation des médicaments peut se situer dans les enchaînements de causalité entre la pollution atmosphérique et les résultats cardiovasculaires (agissant ainsi comme médiateurs), l’entrepreneur appliquera également des méthodes avancées de médiation causale selon la stratégie élaborée par un membre de l’équipe scientifique de Santé Canada (M. Jay Kaufman, Université McGill).
Afin d’examiner les avantages potentiels pour la santé de la mise en oeuvre d’hypothétiques zones à faibles émissions (ZFE) à Toronto, l’entrepreneur effectuera une analyse par simulation. Cette simulation comprendra trois étapes récemment élaborées par un membre de l’équipe scientifique de Santé Canada (M. Tarik Benmarnia, Université de la Californie, San Diego). On utilisera des estimations réalistes à partir des changements observés dans la pollution atmosphérique due à une ZFE, tels que décrits dans la documentation. Comme approche complémentaire, on envisagera une réduction hypothétique d’un scénario où aucune politique n’est mise en oeuvre, allant jusqu’à une réduction de 10 % des PM2,5 et du NO2, selon l’intervention.