La CAE a causé des défaillances d’équilibrage majeures dans les réseaux de canalisations des centrales nucléaires, notamment la rupture de la conduite d’aspiration reliée à la pompe d’alimentation principale du réacteur à eau sous pression (REP) de l’unité2 de la centrale de Surrey aux États-Unis en 1986 et la rupture d’une conduite de condensat à haute pression du REP de l’unité 3 de la centrale de Mihama au Japon en 2004.
Dans une centrale à REP conventionnelle, la CAE affecte principalement l’équilibrage des réseaux de canalisations d’une centrale (non nucléaire) puisque ceux d’une centrale nucléaire sont habituellement fabriqués en acier inoxydable, un matériau résistant à la CAE, ou en sont habillés. Cependant, les réseaux de canalisations d’une centrale nucléaire à réacteur CANDU sont fabriqués en acier ordinaire; par conséquent, avec certaines combinaisons de conditions d’écoulement et de propriétés chimiques de l’eau, il est possible que ses réseaux de canalisations puissent être rongés par la CAE.
En réponse aux préoccupations soulevées concernant la possibilité de dégradation causée par la CAE des systèmes et des composants d’enveloppes de pression, l’industrie des États-Unis, par l’intermédiaire de l’EPRI, a entrepris la mise en place d’un programme visant à gérer le mécanisme de dégradation. L’EPRI a publié un document faisant état des pratiques qu’il recommande et mis au point un logiciel de modélisation prédictive (CHECWORKS) que les centrales nucléaires américaines et canadiennes ont adopté en vue de gérer la dégradation causée par la CAE. Bien que les opérateurs des centrales nucléaires canadiennes participent activement aux programmes de l’EPRI, ils ne représentent qu’un groupe minoritaire avec les centrales dont les réseaux de canalisations sont vulnérables à la CAE, lesquels sont assujettis à différents contrôles chimiques et conditions d’opération visant à équilibrer leur contenu. Les opérateurs de centrales nucléaires à réacteur CANDU ont instauré des activités supplémentaires liées à la gestion de la CAE par l’intermédiaire du CANDU Owners Group, mais la majorité des pratiques recommandées qui sont appliquées en gestion de la CAR sont fondées sur l’expérience dans les centrales à REP.
Étant donné que les centrales nucléaires à réacteur CANDU entreprennent des périodes d’opération prolongées et que sont réalisées, au sein de l’industrie des centrales à réacteur CANDU, des initiatives visant à évaluer les probabilités de fuites majeures de caloporteur attribuables à une rupture ou de fuites préalables à une rupture pour les réseaux de canalisations de grand diamètre, il est justifié de confier à un tiers indépendant le mandat de réaliser un examen technique de l’applicabilité des pratiques que recommande l’EPRI quant à la gestion de la CAE des réseaux de canalisations de centrales nucléaires à réacteur CANDU dont le diamètre est supérieur à 15centimètres (6pouces).
Objectifs
Confier à un tiers indépendant le mandat de réaliser un examen technique de l’applicabilité des pratiques recommandées par l’EPRI — lesquelles sont abordées dans les documents suggérés qui sont énumérés dans la section Portée des travaux — pour la gestion de la CAE, afin de garantir qu’elles prennent en compte les facteurs pouvant accroître la vulnérabilité à la CAE des réseaux de canalisations de centrales nucléaires à réacteur CANDU dont le diamètre est supérieur à 15centimètres (6pouces). Les conclusions de cet examen fourniront au personnel de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) des renseignements utiles dont il pourra tenir compte quand il prendra des décisions en matière d’attribution de permis concernant des stratégies de gestion vieillissantes ou évaluera l’aptitude fonctionnelle de systèmes d’enveloppes de pression nucléaires pouvant être vulnérables à la CAE.