Pêches et Océans Canada (MPO) a besoin d’informations précises et actualisées décrivant le rythme auquel les caractéristiques et systèmes écologiques contribuent à la fourniture de services écosystémiques marins. En plus d’aider à comprendre comment l’offre de ces services peut être sensible aux variations des pressions découlant des activités humaines, ces renseignements permettent de mieux informer le processus décisionnel, à court et à long termes, des compromis potentiels entre l’offre de services écosystémiques et les autres utilisations humaines.
L’objectif de ce contrat est de s’appuyer sur un ensemble de modèles de services écosystémiques existants détenus par l’équipe de projet, d’affiner les sous-modèles actuels propres aux services écosystémiques et de construire et mettre en œuvre de nouveaux sous-modèles tenant compte d’autres services écosystémiques marins, de préférence ceux dont la fourniture est sensible aux changements dans les activités humaines. Tous les travaux réalisés dans le cadre de ce contrat doivent être compatibles avec l’ensemble existant de scripts, de modèles et d’outils, et applicables à toutes les eaux de marée dans la région du Pacifique du Canada.
L’océan soutient tous les aspects du bien-être humain (GIEC 2022), notamment les services clés comme la régulation climatique, les loisirs et la production alimentaire. Les liens profonds entre les collectivités et cultures océaniques et côtières, en particulier les communautés côtières des Premières Nations au Canada, renforcent l’importance de protéger et de valoriser ces systèmes. Les pêches commerciales, récréatives et à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR), les loisirs marins et le tourisme, l’aquaculture, la navigation et le transport, la foresterie côtière, la production et le transport d’énergie, ainsi qu’un éventail d’autres usages sociaux et économiques, dépendent directement ou indirectement de milieux côtiers sains et dynamiques, tout en formant la base de la vie de nombreux Canadiens.
La valeur totale de ces utilisations, ainsi que la gamme d’autres avantages et services offerts par l’océan, surtout aux Canadiens côtiers, est souvent seulement partiellement quantifiable. D’autres complications se posent autour de la valorisation monétaire de certains services essentiels, soit lorsqu’il n’existe pas de marchés pour servir d’indicateurs (par exemple, l’air et l’eau propres), soit lorsque leurs avantages s’accumulent sur des horizons temporels plus longs et indirectement pour un vaste groupe de bénéficiaires (par exemple, la stabilité ou le rétablissement des habitats). De ce fait, bon nombre des avantages d’un changement donné dans la gestion des pêches sont souvent inclus qualitativement dans les analyses coûts-avantages, alors que les coûts peuvent être calculés et mesurés. Dans certains cas, les avantages de la conservation sont plus difficiles à comprendre que les coûts qui permettent de les obtenir. Pour mieux guider le processus décisionnel, à court et à long termes, en matière de gestion des ressources océaniques, il est nécessaire d’élaborer des approches qui permettent de mesurer avec exactitude et de communiquer un éventail plus complet des avantages offerts par l’océan aux citoyens canadiens.
La modélisation quantitative des services écosystémiques marins est une (1) manière d’examiner et d’estimer ces avantages. Le ministère de l’Intendance des terres, de l’eau et des ressources de la Colombie-Britannique a précédemment dirigé un contrat qui produisait des modèles de services écosystémiques estimant la production relative ou absolue de six services dans une zone d’étude précise. Les données géographiques représentant certains scénarios de conservation marine/utilisation humaine peuvent également être intégrées au modèle pour estimer les variations de la fourniture de services écosystémiques résultant des changements des pressions humaines sur cette dernière. Le MPO a continué à développer ces modèles pour en améliorer la précision, les paramétrer et élargir les services modélisés.
L’ensemble actuel de modèles intègre plusieurs sous-modèles de fourniture biologique issus de la suite InVEST (Integrated Valuation of Ecosystem Services and Trade-offs, évaluation intégrée des services écosystémiques et des compromis) produite par le Natural Capital Project de l’Université Stanford. Il comprend également un sous-modèle supplémentaire de fourniture écologique et un sous-modèle de fourniture socio-économique, ainsi qu’un modèle de services écosystémiques des éponges fondé sur la recherche menée par le MPO dans les eaux de marée de la Colombie-Britannique (voir le tableau 1). Le cadre global permet de confronter chaque sous-modèle individuel à un ensemble uniforme d’hypothèses entrées par l’utilisateur. Les paramètres des sous-modèles, y compris les contributions de certaines composantes biologiques aux processus sous-jacents, ou les impacts des utilisations humaines sur ces processus, peuvent aussi être modifiés. La conception du modèle permet également de comparer un ensemble uniforme d’indicateurs représentant les niveaux de fourniture des services écosystémiques marins selon différents scénarios spatiaux.
L’objectif de ce travail est d’élargir l’ensemble actuel de modèles et d’enrichir la gamme des services écosystémiques marins considérés ou la gamme des composantes qui contribuent à ces services. Toute extension devra être compatible avec l’architecture existante du modèle. Les promoteurs peuvent recevoir sur demande le guide technique du modèle actuel, qui inclut des conseils et des orientations pour la modélisation future.